Température, ma douce ennemie

Le défi

L’une des contraintes principales à laquelle je suis confronté en tant que diabétique de type 1 pour l’organisation de mon périple relève de la logistique nécessaire pour l’approvisionnement et la conservation de l’insuline. En effet, alors que la disponibilité en insuline est garantie 24h/24 et 7j/7 partout en Occident, trouver de l’insuline en Afrique se révèle être plus compliqué !

En quelques mots, l’insuline, comme la plupart des médicaments et vaccins liquides, doit être maintenue à température contrôlée afin de maintenir son efficacité. Soumettez la à des températures inférieures à 2°C ou supérieures à 8°C et les molécules composant la substance active et/ou les adjuvants sont susceptibles de se briser ou de s’associer, rendant l’insuline peu fiable voir inopérante. Si cela se produit, je risque d’obtenir des glycémies élevées.

Un système logistique complexe est donc requis afin d’acheminer l’insuline du laboratoire pharmaceutique au patient. Cela ne constitue pas un problème particulier en Occident où toutes les infrastructures sont bien en place. Essayez d’en faire autant dans des contrées moins développées du globe et vous serez confrontés à d’importantes difficultés. Différentes organisations tentent d’apporter une réponse à cette problématique grâce à de nouveaux systèmes et équipements de transport alors que d’autres ont l’espoir de trouver un moyen d’administrer l’insuline et d’autres substances pharmaceutiques sous une autre forme que liquide. Ces avancées vont dans le bon sens, mais ne sont pas encore la panacée.

Ainsi, bien que les capitales et les grandes villes d’Afrique sont en mesure de répondre à un haut degré d’exigence en matière d’infrastructure et de respect de la chaîne d’approvisionnement à température contrôlée, cette dernière sera fort probablement brisée à partir de cette étappe. C’est certainement vrai pour les zones les plus reculées de certains pays, ou dans les zones où l’approvisionnement en électricité est susceptible d’être interrompu de manière régulière ou, pire, est carrément inexistant. Et quand bien même le réseau électrique serait fonctionnel, vous devez disposer, en tant que patient, d’un frigo vous permettant de conserver l’insuline à domicile. Ceci est bien entendu inconcevable pour bon nombre de personnes sur le continent africain. Ces personnes se retrouvent de facto dans l’impossibilité de bénéficier d’un traitement fiable et se retrouvent dans une situation très difficile.

La planification

Sachant que je serai confronté à cette difficulté, je dois commencer par poser un diagnostique sur les températures que je risque de rencontrer le long de mon itinéraire, à quel moment de l’année. Pour réaliser ce diagnostique, j’ai collecté les données par mois concernant les températures moyenne, maxima et minima des différentes villes par lesquelles je compte passer. Dans l’ensemble, je suis arrivé a près de 1.000 entrées que j’ai traduites en différents graphiques. Le résultat fut coloré et artistique, mais somme toute, assez peu lisible.

graph-maxima-temperatures
Températures °C maxima par mois et par ville

C’est là que mon ami Ryan McKenna m’a proposé son aide. Spécialisé en sciences marines, Ryan développe et crée des plans et cartes dans le cadre de ses études et de son travail. Il m’a donc proposé de créer les cartes nécessaires à mon diagnostique ! Je lui ai fait parvenir les données que j’avais collectées et il a fait appel à des sources avec lesquelles il a l’habitude de travailler dans son domaine d’activité. Le résultat ? Une série de cartes spécialement créées pour Bike with Diabetes compilées en un GIF : précipitations et températures moyenne !

Parfait ! Je suis maintenant en mesure de me projeter dans l’espace et dans le temps au lieu de me perdre dans ces lignes colorées.

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Le premier enseignement qui ressort de cette cartographie est que quelque soit l’itinéraire ou la période choisie pour le voyage, je serai confronté, à un moment donné, à un endroit donné, à des températures élevées. Cela signifie que je dois m’équiper et me préparer à me confronter à de telles conditions.

Le second enseignement est que je dispose d’une fenêtre de 3 mois, étalée de la fin octobre à la fin janvier, pour couvrir les 4.000 km séparant les chaudes plaines du Delta du Nil des hauts plateaux d’Éthiopie, où les températures sont plus clémentes. Sachant cela, je dois m’assurer que je serai à Alexandrie d’ici la fin octobre et à Gondar ou plus loin sur mon parcours d’ici la fin janvier 2018.

Maintenant que je sais à quelles conditions climatiques et météorologiques je serai confronté, je dois trouver le matériel qui me permettra de réaliser mon voyage, malgré les difficultés énoncées, tenant compte du fait que je devrai me fournir en insuline et matériel médical toutes les 4 à 6 semaines.

N’hésitez pas à me contacter afin de m’orienter dans mes recherches via Twitter, Facebook ou en commentant l’article ci-dessous !

Ryan McKenna dispose d’un Baccalauréat en Sciences Marines de l’Université d’Ulster en Irlande du Nord. Son travail consiste à étudier et comparer la répartition actuelle et passée des différentes espèces de poissons afin de développer des indicateurs de changement permettant d’informer la Politique Marine Européenne (Directive-cadre “Stratégie pour le Milieu Marin”). Il est candidat pour un PhD et travaille entre le Marine and Fresh Water Research Centre du GMIT et le Marine Institute à Galway, en Irlande.

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